mercredi 2 août 2006, par ClementW
C’est une solution de doublage acoustique probablement très efficace mais qui fait quand même perdre 22 à 25 cm sur le pourtour de la pièce, tout dépend de la situation et de l’usage.
Le béton cellulaire est intéressant en isolation thermique car il renferme des cellules d’air. Dans un système acoustique masse ressort masse il y déjà une lame d’air entre le mur existant et le mur de doublage.
L’isolation acoustique c’est surtout une question de masse. Le Siporex (nom commercial de du béton cellulaire Xella) de 10 cm fait 400 kg/m3, soit 4kg/m2 en épaisseur 10cm. (vu sur http://www.xella.fr/downloads/fra/documentation/guide_technique.pdf, page 12). La plaque de plâtre fait 820 kg/m3, soit plus du double. Ca veut dire que d’un point de vue de la masse, quand on met 10cm de Siporex c’est comme si on mettait 4.88 cm de plaque de platre, soit en pratique presque quatre plaques standard de 13mm. C’est normalement largement suffisant. J’ai vu du 18 + 15 + 13 (soit 46 mm) dans un studio, ce qui m’a semblé déjà bien. La fréquence de résonnance d’un système comme çà (10 cm de Siporex à 12 cm du mur) descend à 27 Hz. C’est pas mal du tout ! Pour descendre à 20Hz il faudrait mettre 22cm de vide d’air... avec une perte d’espace de 32 cm sur tout le pourtour de la pièce. Si la perte d’espace est un problème, on peut mettre du Fermacell, qui fait 1200 kg/m3. Trois plaques de Fermacell à 12cm du mur descendent à 26 Hz ; l’épaisseur totale du mur n’est plus que de 15,75cm au lieu de 22cm. Ca fait gagner 1.25m2 sur une pièce de 25m2. Au prix du m2 ces jours ci...
Le vide d’air doit être rempli avec de la laine de verre, mais c’est pas nécéssaire de le remplir entièrement. La laine de verre n’est la que pour amortir la résonnance du vide d’air. Les premiers systèmes de ce type s’appellaient des "cavity walls" et il n’y avait rien d’autre que de l’air entre les deux murs. Dans un système masse/ressort/masse, c’est l’air qui fait ressort.
Le béton celullaire est assez rigide, il est donc susceptible de transmettre les vibrations, à partir du moment ou on arrive à le faire entrer en vibration évidemment... L’avantage de la plaque de plâtre c’est qu’elle est assez flexible, ce qui abaisse sa fréquence critique. Il est souvent recommandé d’insérer de la masse visco-élastique entre les plaques de plâtre amortir les vibrations résiduelles.
Maintenant, d’un point de vue prix, je ne sais pas. On trouve la plaque de plâtre standard vers 2.50€/m2. En mettant quatre épaisseurs on arrive à 10€/m2. Je ne sais pas si c’est intéressant par rapport au béton cellulaire. La plaque de plâtre nécéssite une structure en bois de charpente ou en profilé métallique, qu’il faut compter dans le prix final. Le Fermacell se trouve à 6 € du m2, 18 €/m2 pour trois plaques.
Je me demande depuis un moment : si "+ c’est lourd, mieux c’est" est-ce que des murs en bloc de béton cellulaire (type Ytong) montés sur le plancher flottant ne seraient pas + efficaces que les plaques de platre couramment suggérées ?
Les plaques de platre ont une souplesse qui amorti un peu les vibrations résiduelles. Le béton cellullaire va être très rigide, lorsqu’il vibre sa rigidité lui fait transmettre toute la vibration. Bien sûr, plus c’est lourd plus basse est la fréquence de coupure. Mais il faut voir le "système" dans son ensemble. Les murs vont être plus lourds, il faut en tenir compte pour le plancher flottant qui doit pouvoir tenir cette charge supplémentaire : les plots antivibratiles (silent block) coûtent assez cher, il va falloir en mettre beaucoup plus. D’autre part le plafond ne pourra pas être facilement en béton cellullaire, autant avoir un isolement homogène. Aussi le béton cellullaire va être plus épais, réduisant d’autant le vide entre les deux parois, ce qui n’est pas bon du tout. La "magie" du système masse (mur de structure), ressort (air), masse (mur de doublage) c’est que le vide d’air est aussi important que les masses mises en oeuvre, et il ne coûte que l’espace perdu.