mercredi 2 août 2006, par ClementW
Pour les instruments acoustiques, il faut bien prendre en compte la question chauffage / régularité de la température / hygrométrie. De ce point de vue, le sous-sol est plus facile à mettre en oeuvre. Sauf s’il est vraiment trop humide et qu’il faut drainer etc... Ca dépend aussi s’il y a quelque petites fenêtres ou s’il la pièce ne voit jamais le jour car c’est pas très agréable de jouer sans la lumière du jour. Le son dans un sous-sol peut être assez agréable à cause des murs en pierre qui font de la diffusion (gratuite) aux fréquences aigues ; c’est le genre de son qu’un musicien acoustique aime bien pour jouer. Si le son tourne trop, il est possible de traiter un mur ou le plafond avec de l’Heraklith, très adapté dans un sous-sol. L’Héraklith n’est pas facile à trouver en France, mais on trouve un équivalent chez Knauf sous la dénomination "Fibrafutura". C’est plus solide que de la mousse acoustique et c’est bien plus efficace dans les graves sans trop atténuer les aigus. Bien sûr la hauteur de plafond, souvent réduite dans un sous-sol, ne permettra pas d’avoir une réverb en tant que telle.
Les murs en pierre donnent une inertie thermique et hydrométrique assez intéressante. Par contre, à cause de cette inertie, un sous-sol peut être difficile à chauffer, sauf en doublant les murs. A ce moment là on perd la diffusion, difficile d’avoir tout à la fois. Si la hauteur de plafond n’est pas trop réduite il est possible d’isoler le sol thermiquement avec des couches minces recouvertes de dalles agglo hydro ou OSB, ou encore mieux du Fermacell sol. Ca permet de ne pas toucher aux murs. Les solutions chauffage dépendent de la manière dont le reste de la maison est chauffé et... du confort thermique souhaité. Certaines personnes ne sont pas génées avec 17-18 degrès en hiver, d’autres si !
Bon, du temps ou les instruments acoustiques ont été crées on ne jouait ni dans les sous-sol ni dans les combles... ce ne sont pas par définition des pièces à vivre.
La solution des combles est assez séduisante à cause du volume supplémentaire et de la luminosité qui peut amenée avec des fenêtres de toi. Il faut par contre des moyens assez lourds pour conserver une température et une hygrométrie constante dans des combles : Isolation du toit par isolants mince multi-couche de dernière génération genre ACTIS. C’est plus cher que la laine de roche mais, à efficacité thermique égale, ca a le double avantage d’être plus mince et d’avoir une certaine efficacité en été en renvoyant une partie de la chaleur vers l’extérieur grâce au film d’alu. De plus, il faudra certainement envisager une clim réversible qui pourra fonctionner en été comme en hiver. Comme le moteur de cette clim peut faire du bruit il faut qu’elle soit correctement installée par un pro, sensible aux problèmes acoustiques. Je crois que les appareils de bonne qualité font de la régulation hydrométrique en même temps. Ca évite d’avoir à acheter plus tard un humidificateur après avoir constaté une belle fente dans la table du violoncelle après quelque jours à 30% d’humidité sous les combles...
Le son dans les combles peut être assez sympa, surtout en utilisant du lambris sur les parties en pente du plafond. Il ne faut pas que ca soit des combles trop bas, le son ne sera jamais assez ample, surtout si on est obligé d’isoler par l’intérieur. Les violonistes n’aiment pass trop quand l’archet qui leur a couté une fortune tape dans le plafond ;) Le faîtage du plafond, là ou des interférences se créent peut être traité par un panneau suspendu à plat. De manière à éviter les murs paralléles réverbérants, on peut aussi traiter un mur sur deux. On voit cette technique par exemple dans les salles d’orchestre des conservatoires. Si le plancher est assez léger, le traitement des basses ne devrait pas trop être un problème : c’est du traitement "par le vide"... les basses s’en vont à l’extérieur de la pièce ce qui évite d’avoir à traiter les interférences crées par les réflexions à l’intérieur Pareil pour le plafond : le lambris est suffisament léger pour laisser passer les basses à l’extérieur.
Tout ceci évidemment suppose qu’il n’y a pas de nuisances sonores à l’extérieur et que la musique ne risque pas de déranger des voisins ou d’autres occupants de la maison.